Bali - Les combats de coqs

Salut à tous !

Quatrième jour dans la région d'Ubud. J'ai maintenant pris l'habitude de louer un scooter et de partir sans but aux 4 coins de la région, sans objectif précis afin de me plonger au plus profond de la campagne balinaise et de laisser le hasard faire les choses, et pour l'instant il le fait plutôt bien.

Au détour d'un chemin, je tombe sur un attroupement près d'un temple. De ce dernier sort une clameur, une foule en liesse. Je tente de rentrer en me demandant ce que cela peut bien être, je ne suis pas correctement habillé, je me vois refuser l'entrée. Mais comme le hasard fait bien les choses, j'ai encore profité d'avoir mon sarung passe-partout, la tenu traditionnelle balinaise. C'est pour l'instant le meilleur achat que j'ai fait puisqu'il me permet de pénétrer les temples religieux et la vie culturelle balinaise un peu plus en profondeur. Une fois changé, je retente le coup, sans soucis. 

Résultat, j'ai passé ma fin d'après midi à assister au spectacle cruel mais authentique des combats de coqs, en étant le seul occidental présent. Les balinais, intrigués par mon micro, ont d'eux même noué le dialogue et c'est grâce à eux que j'ai eu quelques explications.

J'ai ensuite mangé sur l'un des nombreux stands tenus par les mamans du coin, et c'était trop bon.

...

Les combats de coqs sont interdits depuis 2005. Ils ne peuvent de par la loi qu'avoir lieu lors de certaines importantes festivités religieuses, et cela encore que de manière très contrôlée, mais certains Balinais dérogent à la règle, j'ai la chance d'y avoir assisté.

Le combat (tetadjen ou sabungan) se déroule dans une arène carrée d'environ cinquante pieds de côté, soit un peu plus de six mètres. Un programme se compose de neuf ou dix matches (sehet).Tous les matches se déroulent de la même manière.

Dans l'extrait, en plus de l'ambiance générale de l'arène, on peut entendre les discussions de début de match. Une dizaine d'hommes pénètrent dans l'arène (dont moi, qui me suis incrusté), chacun porte un coq et part à la recherche de l'adversaire idéal. Toute cette phase se déroule le plus discrètement possible, à demi voix, calmement et indirectement.

Une fois les deux prochains adversaires déterminés, on attache à chaque coq son éperon (tadji).

Puis vient la phase de paris, celle qu'on entend, avec cet ferveur, ces cris. Deux sortes de paris ont court durant le combat de coqs :

- Le premier, le pari singulier (toh kentengah) se fait entre les deux principaux adversaires. C'est un pari en grand, collectif, qui englobe des coalitions de parieurs groupés derrière le propriétaire. Les parieurs sont les deux propriétaires, l'arbitre y joue le rôle de surveillant et de témoin publique.

- Le deuxième correspond à la nuée de paris fais par les spectateurs autour de l'arène (toh kesasi). C'est un pari en petit, individuel, qui s'engage d'homme à homme. Les excités du pourtour le crient sur un coup de tête, c'est une offre publique, celle qu'on entend monter dans l'extrait. Le donneur, qui sollicite le pari, signalera l'importance de sa mise en tenant un certain nombre de doigts écartés devant son visage, et en les agitant vigoureusement. Si le preneur, qui est sollicité, fait une réponse assortie, le pari est tenu. Sinon, les regards se quittent et reprennent la recherche. Au moment où les manipulateurs vont lâcher les coqs, la clameur prend une ampleur presque frénétique: ceux qui n'ont pas encore parié cherchent désespérément un partenaire de dernière minute, pour une mise acceptable. Puis c'est le calme soudain au moment où le combat s'engage. A la fin, toutes les mises sont immédiatement payées.

Les deux coqs armés, on les mets face à face au milieu de l'arène. Les deux hommes qui les manipulent (pengangkeb) ne sont pas forcément les propriétaires. On place alors une noix de coco percée d'un trou dans un seau d'eau. Le laps de temps nécessaire à ce qu'elle coule est ponctué au début et à la fin par un coup de gong, que l'on entend à la fin de l'enregistrement. C'est l'équivalent d'un round à la boxe.

A partir du moment où un coup décisif semble avoir été porté par un des coqs, on entend une clameur général, lors du match enregistré, le coq touché ne s'est pas relevé.

 

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